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Témoignage de Charlotte

Charlotte vient d’un milieu social et d’une famille où il n’est pas commun, voire impossible, de faire des études supérieures ou plus largement de croire que l’on peut s’en sortir.

Pourtant, elle a brillamment réussi grâce à de belles études et occuppe aujourd’hui un poste haut placé à Bercy (Ministère des finances et de l’industrie)

Ecoutez le podcast !

Et excusez nous pour la qualité du son, nous enregistrons en ce moment dans des conditions particulières à cause du confinement

Son parcours :

Elle vient d’une petite ville de seine et marne dans le 77, pas très loin de fontainebleau.

Elle a fait son collège et lycée en ZEP et a eu mention très bien au bac, ce qui lui a permis d’intégrer Sciences Po Paris.

Elle a ensuite en parallèle fait des études de droit à Paris 1 et Paris 2.

Puis elle a commencé sa carrière professionnelle au sein d’une prestigieuse institution financière : l’AMF

Depuis 1 an et demi elle travaille au ministère des finances et de l’industrie.

Quelques conseils qu’elle donne

  • Ne pas s’auto-censurer
  • Faire des stages
  • C’est par l’école qu’on s’en sort
  • Si on croit à quelquechose, il faut le faire
  • Ne pas se fermer de portes
  • Faut savoir remettre en question les clichés que peuvent avoir certains profs et conseillers d’orientation sur ce qui est bon pour vous

Retranscription de l’échange avec Charlotte

Bonjour Charlotte pouvez vous présenter, qui êtes-vous que faites-vous dans la vie ?

Oui, bonjour, alors je m’appelle Charlotte garde, j’ai vingt-neuf ans et dans la vie aujourd’hui je suis, alors c’est un peu compliqué, je suis adjointe au chef de bureau sur la stabilité financière et la gouvernance des entreprises à la direction générale du Trésor du ministère de l’Économie et des finances. Donc en gros je suis économiste.

Et je m’occupe du verdissement de la réglementation financière, c’est ce qu’on appelle la finance durable, et mon objectif est de contribuer via la réglementation financière à ce que le secteur financier face sa part dans la transition énergétique et écologique.


Merci Charlotte, au niveau des études comment ça s’est passé de ton côté ? au niveau du collège, du lycée, les études supérieures.

Est ce que tu peux nous raconter un petit peu ton parcours ?


Oui, alors d’ailleurs en plus je me rends compte que je ne t’ai pas dit d’où je venais, donc non effectivement je viens de Souppes sur

Loing, au départ donc c’est une petite ville située au sud de la Seine et Marne pas très loin de Nemours, Fontainebleau si ça parle peut-être a quelques-uns des auditeurs et j’ai fait l’ensemble de ma scolarité là-bas, donc l’école primaire le collège et le lycée j’étais dans un collège puis un lycée ZEP , et voilà sonc j’ai toujours beaucoup aimé l’école, donc là-dessus il y avait pas de problème.

En particulier je dirais est-il est vrai que mes parents toujours en plus soutenu dans ce que je voulais faire et toujours dit que c’était par l’école qu’on s’en sortait, donc là-dessus ça s’est très bien passé et ça contribue aussi au fait que j’étais très studieux, mes parents par exemple se souviennent que lorsque j’étais petite et que je rentrais de l’école je voulais même pas prendre le temps de goûter parfois parce que comme ça je voulais savoir c’est mais boire et après j’avais l’esprit tranquille, donc l’école se passait bien et voilà. Après je ne sais Fabien pas si tu souhaites que je parle aussi du coup de mes études supérieures ou comment est-ce que tu souhaites organiser la conversation peut-être pour ça soit utile, je ne sais pas.


Oui, tu nous parle un petit peu de tes études supérieures, de tes choix et de comment où tu vas gérer ton orientation et comment tu as découvert en fait ce que tu voulais faire plus tard ?

D’accord, alors il est vrai que donc on va dire que quasiment jusqu’à ma terminale en tout cas jusqu’à la moitié de mon lycée je voulais être pilote d’avion donc rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui.

En réalité j’aimais beaucoup les sciences pures quand j’étais au collège et au lycée c’est pour ça que j’ai choisi d’aller en première S également par ce que surtout dans un lycée on va dire qui était pas excellent comme celui où j’étais il était souvent recommandée par les parents par les profs d’aller en S si on avait des bonnes notes et que c’était seulement par-là qu’on s’en sortait, je fais cette petite aparté parce que avec le recul je pense que c’est pas tous nécessairement vrai mais en tout cas c’était comme ça que c’est que ça se passait à l’époque en tout cas, mais bon à ce moment-là ça concorder je dirais plutôt bien avec ce que je voulais faire parce que effectivement je voulais être pilote d’avion parce que mon grand-père, pilote des petits avions de tourisme et et j’ai toujours adoré ça. J’ai toujours rêver quand j’étais petite surtout et adolescente du coup du fait de voilà pouvoir voyager pour moi c’était un synonyme je dirais de d’épanouissement de voyage de découverte de l’autre Etcétéra et et en plus je trouvais ça assez fabuleux toujours aujourd’hui bien-sur un mec puisse envoyer un avion dans les airs donc j’étais vraiment à fond je dirais là-dessus, et puis je sais pas mes intérêts ont aussi évoluer, puis après quand on a 16 – 17 ans et qu’on dit mince qu’est ce qu’il faut que je fasse comme métier qu’on nous dit que c’est pendant 40 ans, alors là je trouve qu’on se pose aussi d’autres questions tout d’un coup ça nous paraissait énorme et on se dit, mais qu’est-ce que j’ai vraiment envie de faire, et je pense que c’est quelque chose d’assez difficile à imaginer à cet âge-là et toujours est-il que la perspective de faire une prépa scientifique en concours qui était extrêmement difficile que celui de l’École nationale de l’aviation civile etcetera on fait penser que en fait il y avait d’autres choses qui m’intéressent aussi beaucoup, et en particulier du coup j’étais très intéressé par l’histoire géo au lycée, les langues étrangères voilà les plus les sciences sociales quoi même si j’avais pas l’opportunité du coup d’en faire beaucoup parce que j’étais en S et en plus en spécialité de masse. Donc j’avais très peu de cours vraiment sociales mais en tout cas j’aimé ça, voilà donc c’est lors de ma terminale que j’ai décidé au début de ma terminale j’ai annoncé à mes parents, après je sais pas peut-être 15 ans avoir dit je veux piloter des avions je leur annoncé du jour au lendemain que je voulais plus faire ça et lorsqu’ils m’ont posé la question, Et du coup qu’est-ce que tu aimerais faire ? là Je dis je ne sais pas et tout d’un coup je me retrouvais un peu perdu et c’était assez bizarre parce que déjà j’étais en S, donc dans une classe où on a été que deux sur peut-être trente élèves ne pas faire d’études scientifiques et donc les choix d’orientation était pas forcément hyper facile et en plus, voilà je m’étais jamais vraiment posé la question avant ça quoi donc j’ai vraiment été perdue pendant plusieurs mois et les profs ne comprenais pas trop parce que j’étais en plus j’étais première ou deuxième de ma classe donc pour eux d’imaginer que forcément je savais quoi faire dans la vie et que tout allait bien, alors que pas du tout.

Donc j’avais assez peu d’aide et puis finalement un jour j’en ai discuté avec mon prof d’histoire géo je lui ai dit voilà remplir mes voeux sur le je sais plus comment ça s’appelle d’ailleurs le site d’admission post bac là et je dis mais je ne sais pas quoi faire juste m’intéresse l’histoire, ça m’intéresse les relations entre les pays et tout ça, enfin je veux dire de manière très général et là il m’a dit, mais t’as qu’à t’as qu’à essayer de de de tenter le concours de Sciences Po et là j’ai dit, mais Sciences po je j’ai jamais entendu parler de science tout en fait les attaques ça existait et donc on était je ne sais pas au mois de novembre ou décembre un truc comme ça de la terminale et donc à ce moment là je me suis intéressé j’ai regardé sur internet et je me suis dis qu’effectivement ça m’intéresserait mais pour moi ça me paraissait vraiment inaccessible on va dire à ce moment là.

D’accord et après Sciences PO tu a continuer tes études ?Tu as fait quoi ?


Alors Oui du coup après Sciences Po, donc je suis rentré à Sciences Po sur mention très bien au bac, je crois pas que ce soit encore possible aujourd’hui, en tout cas les conditions d’admission ont un peu changé mais du coup j’ai pu rentrer à Sciences Po Comme ça. J’avais commencé à préparer le concours et puis finalement une fois le bac passé ils sélectionnait une partie des mentions Très bien qui avait postulé sur la liste du dossier donc j’ai pu rentrer à Sciences Po comme ça et en fait des ma deuxième année on parlait de Sciences Po j’ai entamé un peu une série de travail loisirs, j’ai entamé déjà des études d’arabe à l’université et parce que à ce moment-là en fait quand je suis rentré à Sciences Po du coup j’avais une idée assez cliché de ce qui était Sciences Po, je pensais que Science po c’était nécessairement pour diplomates par exemple, j’avais vu des films sur je sais pas, enfin la diplomatie ou les relations internationales comme ça et donc j’avais un peu ce rêve et donc c’est la raison pour laquelle aussi j’ai fait quelques années de Arabe, du coup parce que pour être diplomate il faut généralement parler une langue qu’ils appellent une langue rare, donc l’arabe le russe le chinois etcetera et puis au fur à mesure mes intérêts ont quand même assez évolué, et après j’ai fait en parallèle en fait de Science Po une université, enfin j’étais à la Sorbonne en droit et j’ai eu une licence puis un master en droit des affaires et à Sciences Po je faisais des études d’économie, j’ai fait un master en politique économique internationale et au fur à mesure de mon parcours qui était assez, comment dire, en tout cas pas forcément très logique, à un moment j’ai parce que je me poser plein de questions et que même à ce moment-là finalement je savais plus vraiment quoi faire c’est un peu c’est à la fois l’avantage et l’inconvénient de Sciences Po c’est qu’on est exposé a plein de truc, en fait on peut, je ne sais pas à Sciences Po des gens, enfin certains étudiants font du marketing communication, DRH plus que comme dans une école de commerce et puis d’autres font des affaires publiques passe l’ENA ce genre de choses. Donc c’est vrai que c’est assez difficile de s’y retrouver et du coup j’ai dû faire un choix un moment et après plusieurs stage en cabinet d’avocat d’affaire j’ai dit dès que je ne voulais pas faire ça et donc je me suis orienté plus vers la politique économique, donc j’ai terminé mon master à Sciences Po et après j’ai fait un autre master à l’université à ASSAS cette fois-ci en économie du droit qui me permettait un peu de relier tout ce que j’avais fait, donc en fait c’est de l’analyse économique de la régulation etcétéra et puis du coup j’ai terminé mes études comme ça, je dirais donc que j’ai fait du coup 7 ans d’études qui était assez long avec plein de stage quand même, donc j’avais une expérience professionnelle mais j’étais quand même contente de pouvoir un moment aussi de pouvoir gagner ma vie et commencer à travailler J’espère que c’était clair.

Tout à fait ! justement au niveau au niveau de ta carrière tout à l’heure tu nous a donné ton poste, est ce que tu pourrais le simplifié un petit peu et expliqué par exemple, du coup est ce que tu es fonctionnaire ou est ce que t’es dans le privé et ce que tu est catégories A B C ,si t’es fonctionnaires qu’on comprenne un petit peu ce que tu fais ou est ce que tu es peut-être contractuel, enfin je sais pas trop comment ça se passe dans la fonction publique, peut-être donner des explications pour qu’un lycéen puisse comprendre un petit peu ce que tu fais, omment t’as réussi à intégrer ton poste ?

Oui bien sûr, c’est vrai que c’est jamais très clair, alors en fait pour travailler dans un limiteur comme ça et surtout à la direction générale du Trésor ou du coup c’est en fait c’est la direction de Bercy du ministère de l’économie qui fait la politique économique du pays c’est à dire qu’il faut imaginer que la France elle participe à des négociations, a des discussions européennes internationales sur tout un tas de sujets économiques sur la politique monétaire sur la politique industrielle, la politique commerciale, les accords commerciaux, a politique environnementale etcetera et du coup elle a besoin de gens qui ont une expertise sur certains secteurs par exemple de l’économie, sur les transports, sur le commerce c’est pour justement pouvoir peser un peu sur la chaîne européenne internationale et c’est beaucoup ce que fait la direction générale du Trésor Et, du coup comme ils ont besoin d’expertise comme ça il y a effectivement des fonctionnaires qui sont plus généralement des gens qui sont parties de corps de l’administration qui sont sortis d’école tels que Polytechnique ou la NSA etcetera, il y a certains ENA également mais en gros du contingent je dirais est constitué du coup de contractuels, donc c’est mon cas, c’est à dire qu’ils recrutent sur la base généralement de en tout cas du parcours où les gens ont, voilà ont fait des études surtout liées au droit à l’économie, y a certains ingénieurs aussi et l’objectif est donc du coup de pouvoir travailler, c’est pendant une durée de six ans maximum, après il faut passer un concours si on a envie de rester plus longtemps, de travailler, dans l’administration et là par contre la différence de enfin dans le travail il y a vraiment aucune différence entre quelqu’un entre un contractuel et quelqu’un qui serait fonctionnaire au même niveau je dirai, en tout cas les niveaux de hiérarchie et au même âge à peu près c’est ça aussi. Je trouve le gros avantage que de travailler là où je travaille c’est que finalement l’accent il est beaucoup plus unis sur nos compétences sur notre parcours, en tout cas à notre niveau hiérarchique que sur notre statuts contractuels ou fonctionnaires, et du coup je suis contractuel, je suis de catégorie A plus et voilà et là ça fait un an et demi à peu près que je travaille à la DG Trésor et avant j’avais travaillé pendant deux ans à l’Autorité des marchés financiers qui elle c’est le l’autorité de l’État qui s’occupe de réguler, de contrôler, de surveiller les marchés financiers.

Quel beau parcours. Justement en parlant de beau parcours j’imagine que ta famille, tes parents sont fiers de toi. Est ce que tu peux nous expliquer le milieux sociale, socio-économique, que faisait tes parents par exemple ou quoi font tes parents ?

Alors je dirais que je viens d’une la classe sociale moyenne, mes parents; alors mon père et formateur en insertion professionnelle, donc en gros il a une association qu’il s’occupe de de pouvoir insérer sur le marché du travail des personnes qui généralement ils viennent d’arriver en France ou sortent de prison aussi, et ce sont souvent des personnes qui ont peu de diplôme voire pas du tout, et donc son travail consiste à pouvoir les insérer sur le marché du travail, donc leur trouver un travail mais aussi a les insérer, je dirais socialement voilà qui rencontres certaines difficultés sociales à pouvoir les aider etcetera, et depuis quelques années dans son travail il s’occupe aussi de donner en fait des cours de français a des personnes qui viennent d’arriver en France c’est qu’ils doivent avoir un certain niveau de français pour obtenir généralement leur carte de séjour et pour pouvoir aussi du coup travailler. Donc voilà mon père c’est ça et ma mère est et mère au foyer, elle a eu des petits boulots généralement surtout dans le secteur de la petite enfance etcetera mais elle s’est surtout consacré à nous élever ma sœur et moi et voilà, alors après enfin, mais voilà mais mes parents n’ont pas eu leur bac et c’est vrai que ils sont là, ils m’ont toujours encouragé du coup pour cette raison aussi j’ai toujours travaillé à l’école je dirais, ils m’ont toujours dit depuis petite que c’était par l’école on s’en sortait, donc malgré tout ça m’a fait rendre compte et je dis ça parce que je pense surtout à mes premières années a Sciences Po le contraste social étaient parfois différents, était assez marqué et pas forcément toujours facile, je me suis toujours dit que c’était aussi grâce à sa famille qu’on  s’en sortait et que du coup voilà mes parents m’ont beaucoup aidé en tout cas en ce sens.


Qu’est-ce que l’ascenseur social pour toi, et comment s’est-il exprimé dans le temps ?


Ça alors l’ascenseur social te une excellente question Fabien.

Difficile, pour moi c’est assez compliqué parce que généralement on pourrait dire que c’est le fait d’avoir pu changer de milieu social généralement par son métier et du coup son revenu aussi beaucoup, après moi je pense que c’est un peu plus que ça parce que finalement, c’est ce que j’essayais de dire tout à l’heure par exemple par rapport à mes parents et que finalement on peut tout à fait venir d’un milieu social pas très élevé mais avoir aussi la chance d’être dans un milieu quand même je ne sais pas cultivé qui généralement les gens ont tendance à faire la différence entre les deux alors que pour moi c’est pas du tout nécessairement le cas et donc ça rend, je trouve la conception de l’ascenseur social un peu plus compliqué, mais bon quand même on va dire que généralement c’est ça c’est le fait de pouvoir changer de milieu, en tout cas de ne pas avoir l’impression d’avoir de, voilà des difficultés forcément financière etcétéra comme ça peut être le cas dans certains milieux sociaux et ça se joue généralement à travers son métier et ou ces études.
J’espère que ça répond bien à ta question.

Oui, comment l’ascenseur social s’est il exprimé dans ton cas ?

Alors dans mon cas je dirais que c’est déjà le fait d’avoir pu faire des études, c’est vrai que dans le cercle familial le plus proche en tout cas, ça concerne mes parents, je ne sais pas mais mes cousins etcétéra, j’ai été la première à faire des études supérieures et puis ensuite ma sœur a suivi et déjà voilà le fait de de monter à Paris comme on dit même si je n’habitais pas très loin, a une centaine de kilomètres, mais quand même le fait de de venir étudier à Paris de faire des études et ensuite par mes stage en cabinet d’avocat j’étais à l’OCDE à la Commission européenne etcetera  ça a été aussi d’être au contact enfin à la fois d’un milieu professionnel qui était forcément hyper différent que celui de mes parents et de ma famille, et puis du coup d’avoir aussi accès à des métiers, où voilà je pense raisonnablement voir vraiment bien gagner ma vie et donc c’est vrai que c’est un c’est un plus je pense que c’est la manière dont j’ai pu monter l’ascenseur social.

Après ça résume pas tout, enfin je veux dire on a toujours après on pourra peut-être en discuter par la suite comme tu veux mais une forme de décalage entre la ou on vient et là on évolue, mais en tout cas moi c’est la manière dont je l’ai vécu.


Je vois tu as parlé tout à l’heure de tes parents qui t’ont beaucoup soutenus, tu as aussi parlé d’un professeur qui peut-être un petit peu guidé a un moment.

Il y a uniquement ces personnes là qui t’ont aidé justement à croire en ta réussite, à prendre l’ascenseur sociale ou est ce qu’il y a aussi d’autres personnes ?


Non, alors enfin c’est vrai qu’on était très important, je dirais aussi ma petite sœur finalement même qu’elle était plus jeune parce que elle a toujours je pense cru en moi et et on est très proche, et c’est et on était d’autant plus dans l’enfance et l’adolescence on vivait ensemble donc elle m’a toujours soutenu et quand j’avais parfois des doutes sur tout moment justement de ma réorientation je dirais en terminale elle a été présent donc c’était hyper utile, aux grands parents aussi, mon grand-père justement qui a très bien compris le fait que je voulais totalement changé de métier alors que lui-même aurait rêvé que sa petite fille puisse être pilote de ligne quoi parce que en plus c’est perçu comme un métier prestigieux, il m’a beaucoup aidé et plus généralement l’ensemble de ma famille quoi était extrêmement présent et ça c’était un énorme soutien je dirais parce que c’est vrai que comme j’ai un peu dit tout à l’heure bah par exemple je me souviens très bien du jour où j’étais prise à Sciences Po c’était c’est je me souviens c’était un soir et je suis descendu dans le salon, Il y a eu mes parents et j’ai dit Je suis prise à Sciences Po, ils ont pleuré, moi j’en  croyais pas mes yeux, et une fois passé l’euphorie du moment c’est vrai que quand je suis arrivé par exemple à Sciences Po, je me suis retrouver un peu parachuté je dirais A Saint Germain des Prés dans le septième arrondissement de Paris donc avec voilà des gens qui généralement elles étaient quand même très différent des amis que moi j’avais, que j’ai toujours pour certains du lycée et donc il y avait voilà il y avait parfois des petites difficultés juste à s’intégré d’une certaine manière. En tout cas voilà s’en sert bien et je trouve que du coup dans ces moment-là ma famille a été extrêmement précieuse, en plus cette année-là ma première année d’étude j’ai  pu vivre chez une cousine de ma mère qui habitait en banlieue parisienne et du coup je faisais l’aller-retour tous les jours entre deux univers extrêmement différents et elle aussi m’a beaucoup aidé cette première année au côté de mes parents, ma soeur à me sentir bien finalement et à me faire un peu à mon nouveau milieu social, nouvel environnement je dirais quoi.

Donc Je pense que je pense que la famille dans ces moment-là c’est quelque chose de très important même si je pense que malheureusement que tout le monde n’a pas la chance d’avoir forcément toujours une famille qui la soutient, mais moi ça a été mon cas donc je pense que ça aide beaucoup 

Oui, tu as parlé de science Po et du fait que tu avais peut-être un petit peu du mal à t’intégrer. Quels sont les défis auxquels tu as dû faire face du fait de ton milieu social d’origine et comment les a tu  surmonter


Oui, alors je pense, que c’est ça y a plein de choses, la première chose qui me vient à l’esprit quand tu me pose cette question c’est que, quand on arrive dans une école tels que Sciences Po on est beaucoup plus, du coup avec des étudiants qui eux ont généralement fait des voilà on était dans des lycées parisiens ou ou le niveau je dirais scolaire était un peu près uniforme dans la classe donc il pouvait avancer beaucoup plus vite sur le programme, ils venaient quand même pour beaucoup en tout cas de milieux sociaux quand même plus privilégiés et même si tout à l’heure j’ai fait le point comme quoi le milieu social et la culture était pas forcément liée positivement de fait qu’il y a quand même on a un accès à la culture quand on vit dans Paris qui était très différent.

Donc pour toutes ces raisons c’est vrai  que ces premiers les premières semaines surtout les premiers mois là où ça a été un peu difficile, c’est que je sais pas comment le dire autrement mais parfois et c’est pas du tout de la fausse modestie hein, mais j’ai l’impression d’être bête un peu parce que j’avais pas voilà le même niveau de culture générale, je n’étais quelqu’un d’inculte complètement accuse mais j’avais pas du tout la même manière, enfin de raisonner sur les choses, j’avais pas la même manière de parler aussi un peu, enfin je veux pas exagérer exprès mais en tout cas voilà forcement il y avait des petites choses comme ça qui différent un peu et ça au début c’est pas très facile quoi alors, après l’avantage de Sciences Po quand même Je l’ai pas dit tout à l’heure mais c’est que c’est une école où il y a aussi y a tout un processus pour qu’il y ait beaucoup de boursiers en fait sur critères sociaux et ça je tiens à dire d’ailleurs aux auditeurs qu’ils veulent intégrer des écoles comme ça aujourd’hui c’est  beaucoup plus facile parce que par exemple moi j’ai pas dû payer les frais de scolarité de Sciences Po donc c’est quand même quelque chose de super. Donc je ferme la parenthèse Mais du coup tout ça pour dire que je pouvais, voilà j’avais quand même certains camarades virés de classe, an va dire à Sciences Po qui était dans la même situation que moi et donc on a plus en discuter à plusieurs reprises au cours de cette première année surtout quoi mais je dirais que ça c’est le premier point et le deuxième même si on a plus que ça mais pour schématiser un peu c’est que, malgré tout j’ai dû faire des petits boulots pendant mes études, j’ai dû voilà, j’ai essayé en tout cas que mes grands-parents, mes parents donne pas forcément tout l’argent, donc j’avais besoin, donc j’ai essayé de progressivement vraiment autonome et donc forcément ça nécessitait d’aller de faire les petits boulots, travailler en plus de ses études, et donc c’était forcément plus difficile que pour quand même la majorité je dirais des étudiants de Sciences Po qui généralement on n’a pas à faire ça quoi. Donc forcément voilà on est un peu plus fatigué on peut pas partir tout le temps pareil etcétéra, après ça fait pas spécifique, je pense à Sciences Po c’est plus quand on arrive à la fac à Paris je pense qu’il y a plein d’étudiants qui se reconnaîtront dans ce que j’ai dit parce que je dis là mais je dirais que c’est un peu les deux principaux points quoi. C’est vraiment Voilà le sentiment en tout cas de ne pas être comme tout le monde là-dessus et en plus le fait de généralement de devoir travailler à côté de ses études.


Merci Charlotte.
Quels conseils donnerais tu aujourd’hui a un jeune qui envie de réussir ?


Alors C’est une question extrêmement difficile parce que bien que,
j’ai vingt-neuf ans j’ai pas l’impression d’avoir encore totalement pris le recul sur tout ça, donc je vais essayer de quand même d’être utile je dirais d’une part c’est peut-être un peu le conseil tarte à la crème comme on dit mais pour moi c’est hyper important parce que je l’ai vécu du coup pendant la terminale, c’est de pas s’auto censurer en fait, enfin je sais pas, j’ai le souvenir quand mon prof dont j’ai parlé tout à l’heure il m’a dit mais t’as qu’à tenter enfin essayer de faire sciences Po, je me souviens d’aller sur le site internet et voir ce que c’est, et après je me souviens avec mon grand-père aller rue Saint Guillaume dans le septième la où il y à Sciences Po et voir tous ces étudiants avec leur Mac, parler mille langues étrangères et je me sentais, mais je m’étais mais non mais jamais de la vie je pourrais rentrer là-dedans, c’est pas possible est et je me dis, heureusement que voilà quand même que ma famille a cru en moi, voilà mes parents, ma sœur, mes grands-parents etcétéra parce que sinon je crois que je me serais autocensuré parce que voilà dans le lycée où j’étais on disait quand même à ceux qui était plutôt bon en classe vous pourriez tenté les prépas parisiennes, mais généralement nous disait quand même plus aller à la fac, c’est très bien à la fac, en plus je veux pas dénigrer la fac mais en tout cas voilàon amenuiser un peu nos options quoi et et je trouve que ça c’est pas forcément très judicieux finalement je pense qu’on devrait dire aux jeunes à partir de moment ils ont un but dans la vie où ils ont une envie quelle que soit d’ailleurs de faire n’importe quels types d’études ou n’importe quel type de métier. Il faut vraiment pas censurer s’auto censurer parce qu’on pense que on va jamais y arriver parce que voilà on est pas à Paris par exemple près d’une ville où il y a de bon prépas ou de bonne fac, je pense que c’est  le premier point et ensuite direct, il faut du coup savoir un peu remettre en question aussi, c’est pas difficile je pense pour un lycéen parce qu’on n’a pas forcément la maturité mais vraiment être en mesure de se dire faut remettre en question un peu.

Les clichés peuvent avoir certains profs ou les conseillers d’orientation sur ce qu’on doit faire par exemple je sais pas si vous êtes en collèges en seconde et que alors maintenant je crois que les parcours ont un peu changé mais je sais pas que vous aimez vraiment les sciences économiques, le français, la philo il faut dire non si quelqu’un vous obliger aller en S par exemple vous voulez pas ou à l’inverse si on vous dit mais non ça arrivera jamais En S parce que parce que c’est trop compliqué ou parce que je sais pas, t’as pas encore de bonnes notes en math, Il faut toujours essayer de savoir un peu se remettre en question déjà dès ce moment-là, les certains stéréotypes quoi et je trouve que du coup c’est vérifier aussi quand on est en terminale et il faut pas se fermer des portes. En tout cas surtout aujourd’hui on peut postuler à je ne sais combien d’options l de fac, de prépa, d’école de machin, il faut si on croit à quelque chose il faut il faut le faire c’est peut-être une tarte à la crème mais je pense que plus on le répétera et plus on lira et mieux ça sera compris aussi par du coup les adultes quoi Enfin ceux qui sont en face de nous quand on est lycéen donc les profs les parents les conseillers d’orientation et c’est et je trouve que aussi en discuter avec ses amis, pas avoir honte de dire, pas vrai moi j’ai envie de faire tel tel parcours même si ça paraît pas hyper sexy quoi.

Je pense que c’est hyper important de pouvoir un peu exprimé tout ça pour justement ne pas s’auto censurer Et du coup ça va remettre en question ce qu’on dit quand on a cet âge-là et qu’on pense mieux savoir que les autres sur son orientation.

Est-ce que tu penses que les stages par exemple t’ont aidée dans ta réussite ?

Oui énormément, franchement je pense que les stages ça permet, dèja de se rendre compte de ce que ça veut dire travailler et pas, on peut tout à fait comme je l’ai dit, moi je faisais des petits boulots mais vraiment travailler, voilà en bureau par exemple devant un ordinateur de voir arriver toujours à l’heure le matin, travailler jusque parfois très tard, et je pense que ça déjà ça aide beaucoup et Mais surtout c’est qu’en fait moi ça m’a permis déjà de vraiment savoir ce que je voulais faire ou pas faire dans la vie, enfin comme je l’ai dit a un moment j’ai pensé vouloir être avocate et c’est pour ça que j’ai fait des stages dans des cabinet d’avocat, heureusement que je les ai fait parce que je me suis en fait rendu compte que c’était même si j’aimais le droit C’était pas du tout là le métier que je voulais poursuivre plus tard, et j’avais passé de stage en cabinet d’avocat, bah j’aurais peut-être passé le barreau et j’aurais été obligé en fait a être avocat.

Donc je pense que les stages c’est hyper importants pour savoir ce qu’on veut faire pour se confronter aussi à la vraie vie du travail en lien avec ses études, et puis et puis ça permet de gagner un peu en confiance en soi aussi je pense parce que finalement on est contrairement à la fac ou dans ses études en général on est moins confrontés à voilà il faut avoir une bonne note, c’est plus tu vous produisez quelque chose de bien et qui est intéressant et que votre maître de stage le il Voilà il trouve que c’est utile et que lui ça l’a aidé En fait ça veut dire vous avez super bien bossé et c’est généralement les gens sont que les maitres de stage sont hypers conciliant et ils font ça aussi parce qu’ils veulent permettre Voilà aux jeunes de découvrir un métier c’est donc je pense que ça aide beaucoup et ça donne confiance en soi et puis ça permet vraiment de comprendre qu’on veut faire dans la vie.

Merci beaucoup Une dernière question.

Qu’est ce qu’une association comme la nôtre pourraient apporter selon toi ?

Je pense qu’une association comme l’ascenseur social, son grand intérêt c’est d’avoir un peu une force de frappe importante parce que vous pouvez envoyer des représentants dans les collèges, les lycées pour dire aux jeunes qu’il faut croire, qu’il faut croire en soi qu’il faut pas s’auto censurer, pour aussi leur faire comprendre quels sont tous ces parcours d’études supérieures qui parait c’est un peu difficile comme ça je pense de l’extérieur, et donc je pense qu’une association comme l’ascenseur social ça permet tout, ça en fait ça permet de rendre les choses quand même plus claires, parce que

pour le coup qu’on soit dans un lycée ZEP ou qu’on soit Henri IV, les études ça parait loin parfois ça parait un peu difficile, on comprend pas tous les termes qui nous parle pas trop, c’est quoi la différence entre une prépa, une fac, une école. Tous ces trucs et qui plus et du coup quand on est pas dans un lycée ou voilà tout le monde va en prépa ou à Sciences Po, HEC c’est encore plus compliqué quoi, comme on dit mais je comprends rien et du coup je pense qu’une association comme l’ascension sociale ça permet vraiment, ça permet d’apporter de la lisibilité surtout ça, aux jeunes et surtout à des jeunes qui ont pas accès à voilà cette connaissance du monde un peu des études supérieures des métiers auxquels ça mène et je pense que ça c’est un énorme plus, et le deuxième c’est de d’apporter de la confiance aux jeunes sur la manière, enfin déjà sur le fait qu’il est possible de monter l’ascenseur social et que ça se traduit, voilà par ses études, par son métier peut-être, par un salaire qui nous permet de vivre normalement voir confortablement et aussi par voilà un accès à tout un tas de choses à la culture a des gens qui sont super etcétéra qu’on aurait pas eu l’occasion de rencontrer si on avait passé tout ça, et donc je pense que ça permet de montre jeune c’était possible de monter l’ascenseur social et que et du coup de leur leur donner des conseils sur la manière, donc on peut le monter et ça c’est on peut en parler en théorie mais en vrai on a besoin d’échanger avec les gens pour ça.

Donc je trouve que c’est le gros plus de l’association, c’est pas juste de faire de manière théorique c’est vraiment d’aller au contact des des collégiens, des lycéens et de leur dire Voilà comment pouvez-vous en sortir et c’est super

Merci beaucoup Charlotte pour ce témoignage très inspirant !

Un grand plaisir et j’espère pouvoir continuer à échanger avec toi et et l’association dans les mois et années qui viennent.

Merci beaucoup.

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