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Ascenseur social Témoignages

Témoignage de Jone-Randy

Jone Randy a 25 ans. Il est juriste en droit des affaires et vit au Luxembourg.

Il est issu d’un milieu populaire (père chauffeur de taxi, mère aide-soignante)

Originaire de Pantin en Banlieue parisienne, il a fait des études de droit après un bac ES, à la fac et à l’école de droit HEAD.

Il a découvert les métiers du droit en 4ème grâce à une matinée des métiers, au cours de laquelle il a rencontré un parent d’élève avocat qui a démystifié le métier.

Il nous raconte les difficultés pour trouver un stage au début, mais les bienfaits de ce premier stage.

Il nous parle aussi des bienfaits de son année « erasmus » tant sur le plan personnel que professionnel.

Suite à son échec au concours d’avocat, il nous parle de ses doutes, de son année de césure et de comment il a rebondi.

Il nous parle aussi :

  • de sa réussite qu’il doit à son travail certes, mais aussi au soutien de ces parents, à ses professeurs et aussi au sport (le judo)
  • de la difficulté de choisir son orientation et son futur métier quand on est jeune
  • du fait qu’il ne faut pas avoir de croyance limitante (pas de plafond de verre). Il faut regarder le ciel en essayant de toucher les étoiles
  • du fait que c’est la constance dans le travail qui paye
  • du fait qu’il ne faut pas avoir de complexe

Écoutez le podcast ascenseur social et son interview !

Retranscription complete

Témoignage Jone-randy

Bonjour Jone Randy, Peux-tu te présenter ? qui est tu ? Que fais-tu dans la vie?

Bonjour Fabien, donc moi c’est Jone Randy. J’ai 25 ans, je suis actuellement juriste en Luxembourg, originaire de parents congolais, j’ai grandi à Pantin, fait ma scolarité là-bas et ensuite j’ai fait des études de droit et pour ensuite partir en Luxembourg comme juriste.

Justement, concernant ta scolarité, peux-tu nous dire comment ça s’est passé au collège, lycée, dans les études supérieures ?

École, collège, j’ai été à Pantin, ensuite au lycée, j’ai eu l’opportunité, toujours en école, école et collège privé, j’ai eu l’opportunité au lycée d’aller à Paris, continuer ma scolarité à Paris  et ensuite la fac pareil Paris  Descartes jusqu’au  master 2 et ensuite je suis parti à l’étranger pour commencer à travailler en tant que juriste.

Super, et tu étais plutôt bon élève, moyen élève, et est ce que tu peux nous expliquer comment tu as fait tes choix d’orientation ?

Alors à l’école, j’avais plutôt des bons résultats, j’ai eu la chance de sauter une classe très tôt au CP, ça d’ailleurs ça a été un grand débat, parce que je suis né en fin d’année, je faisais déjà partie des personnes les plus petites de ma classe je dirais, et ça a été un mini choc entre guillemets, je suis arrivé du CP au CE1 face à des enfants qui avait un an, un an et demi, voire deux ans de plus que moi.

Donc globalement, à l’école, s’est passé, j’avais des bons résultats. Et puis juste ça a été direct le choc à l’arrivée au lycée, parce que si c’est qu’au collège, toute ma scolarité puis arrivé au lycée, j’étais à Paris dans un lycée vraiment parmi les 10 meilleurs de la presse parisienne, et puis la voilà ta moyenne qui descend de points, le professeur principal qui te raconte pleine tête qu’il veut te faire redoubler parce que t’as 11 de moyenne et pas 12. Donc là ça a été, ça a été un peu plus complexe a fallu se battre et je pense que voilà, j’ai réussi à m’en sortir la c’était je pense le point plus complexe de ma scolarité, je dirais.

Commentas-tu as choisi ton orientation vers le droit ?

L’orientation vers le droit, alors le droit, c’est vrai qu’on a toujours le monde des avocats, voilà, qu’on voit un peu à la télé, qui attire plus ou moins.

Moi, personnellement, j’ai grandi avec les séries à la télé, tu voyais je sais pas dans « New York police judiciaire », ce type de séries pour ceux qui sont nés dans les années dans les années 90 -2000. Mais moi, ça a été, ça a été différent, en fait, c’était vraiment… le moment où je me suis dit que je voulais travailler dedans, c’était plus passer en classe de quatrième, cette époque-là, on fait, on a vu ce qu’on appelle matinée des métiers »  dans laquelle en fait on avait la possibilité de interviewé plusieurs personnes, donc en général on avait une rencontre organisée par l’école, mais chaque élève devait mettre sa main à la patte de dirais, le but était d’inviter en fait une personne qui travaille.. en fin de notre entourage, ça pouvait être les parents, les frères et sœurs, les autres. Moi j’avais invité ma sœur parce que lorsque j’étais au collège, elle était déjà au lycée, en filière ES et en fait pendant le ‘matin des métiers’, j’ai eu l’opportunité de rencontrer notamment un avocat, qui était un parent d’élève. Il m’avait expliqué un peu le métier et puis le droit en général et tout en démystifiant la chose.

Donc voilà fait que quand tu plaides, ne s’appelle pas le juge, votre honneur genre de choses, il m’avait vraiment démystifier la profession, dans le sens où il m’avait présenté un cadre complètement différent, Parce que moi, ce que je suis aujourd’hui, c’est que je travaille dans le droit des affaires, donc voilà les relations avec les entreprises, les sociétés dans leur vie quotidienne, quand c’est des transactions ou simplement dans la gestion quotidienne. Et en l’occurrence, il travaille également dans ce milieu-là, et il m’avait présenté la chose vraiment de manière, voilà très humaine, très terre-à-terre.

Et ce qui m’avait attiré, donc voilà lui en l’occurrence, il travaille beaucoup avec les footballeurs. Moi, j’aime beaucoup le foot, même si je n’en fais pas, je fais du judo, mais il aimait beaucoup…Voilà, il travaillait beaucoup des footballeurs, et puis moi, c’était vraiment ça qui m’avait attiré, le fait qui était en relation avec des footballeurs qui les défendait, ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui le métier d’avocat mandataire sportif et moi, c’est plus cette relation à l’humain qui m’avait interpellé.

Donc c’est pour ça que par la suite, je me suis orienté après mon bac ES vers des études de droit en l’occurrence.

Génial ! Justement, durant tes études, j’imagine que tu as dû faire des stages et après tu as eu les premières expériences professionnelles ? Est-ce que tu peux nous révéler ton CV rapidement, jusqu’à maintenant ?

Alors pour dérouler mon CV donc, après mon bac ES, je suis allé à la fac, j’ai fait Paris Descartes, en terme de stage, j’ai eu l’opportunité de faire… Alors mon premier stage grâce a dû aux oreilles, ce qui est difficile, en fait, lorsqu’on est dans les premières années de droit, c’est vraiment l’enseignement qui est très généraliste et donc généralement les cabinets, nous ne recrutons pas trop, c’est très difficile d’être recruté, on se prend souvent des refus dans le sens où jusqu’à, je dirais la cinquième, quatrième, cinquième année, on a un profil vraiment qui est très généraliste, et pas très opérationnel.

Donc le stage que j’ai eu, c’était à l’occurrence par le bouche à oreille, donc une amie d’enfance de ma mère que je salue si nous écoute qui m’a permis d’avoir mon premier stage dans un domaine…Là c’était plus c’était plus droit de la famille, droit de la famille donc voilà enfin, tout ce qui est la gestion, divorce…Voilà lorsque les, lorsqu’un couple divorce, de question, de séparation de biens, et puis un peu de droit commercial donc là c’est vraiment les clients du cabinet, pour la plupart ils étaient des TPE, PME ,c’était vraiment très intéressant, c’était un stage d’un mois, à la sortie d’examens qui ce qu’il faut savoir c’est qu’à la fac, lorsque ton année est réussie, sans encombre, sans aller au rattrapage, en fait tu te retrouves avec quatre mois, vraiment des vacances d’été…

Ça peut être quand t’as l’occasion de partir, moi en l’occurrence, j’ai l’occasion de partir cet été là, et en plus j’étais mineur, donc impossible de faire un job étudiant.

J’avais 17 ans, donc impossible de bosser à part si tu fais les vendanges en je ne sais pas dans je sais pas quels dans quel coin de la France tu vas aller à Paris, c’est plus c’était un peu moins accès à ce genre de a ce genre de poste là, du coup, j’avais eu l’opportunité de faire ce stage-là, de complètement découverte, non rémunère pendant un mois et ça a été vraiment une expérience intéressante. Directement mis dans le bain à ce moment-là, tu te retrouves situé dans un peu dans des rendez-vous clients ou voilà, ça s’écharpe pour des questions de divorce, voilà, avec les oiseaux, tu connais, c’est l’aspect un peu folklorique mais globalement dans les dossiers, c’était vraiment bon pour se mettre un peu dedans .Donc j’ai de la chance de faire ça.

Et ensuite, à la fin de ma licence, j’ai fait un autre stage, pareil dans un petit cabinet, trois personnes. Là, j’ai fait plus du droit du travail, donc relation individuelle et défendre le salarié, de l’employeur puis là pareil, c’était là c’est plus, c’était un stage de trois mois de mémoire où j’étais un peu plus confronté vraiment à la réalité du métier.

Ce stage m’a beaucoup appris, surtout sur tout ce qui gestion globale, parce que, lorsque je fais des stages à ce stage là où à ce niveau d’études, voilà, c’est soit t’as un stage très enrichissant qui permet beaucoup d’apprendre où t’es impliqué dans les dossiers soit t’es dans un stage photocopies et café quoi.

Donc t’as un peu de tout et rien, et ce stage-là en fait, j’avais eu la chance de l’avoir, j’avais postuleé…C’était une annonce qui était pareil en ligne qui rechercher justement un stagiaire de niveau L3, master 1, pour gérer tous les appels administratives, ça fait un peut impliquer sur les dossiers et c’est là-dessus que ça a joué. Donc c’était pas mal à ce niveau.

Génial ! Et après, t’es rentré directement dans le monde du travail, et t’es aller au Luxembourg si j’ai bien compris, c’est ça ?

Alors ça a été un peu le… je dirais, c’était le moment de  battements…Ça a été un moment particulier, parce que si tu veux, après, après la L3, en fait, j’ai été, pendant ma licence, j’avais postulé pour pouvoir partir à l’étranger, pour faire une année, un semestre à l’époque, à l’étranger, j’avais, eu cette idée qui vraiment qu’il m’a permis de pouvoir dejà de découvrir une culture, un peu, enfin, une culture différente.

Donc la pratique du droit différente, et puis pratiquer mon anglais, parce que voilà, j’avais toujours eu en tête un peu, de travailler à l’international.

Donc, Alors, pour l’anecdote, si c’était très particulier, donc j’avais la base, j’avais été accepté pour partir aux États Unis, donc six mois en Arizona, en master I, donc le choix pendant la licence, et en fait, il s’est trouvé que, par un imbroglio, les Américains, dans leur courtoisie habituelle, ont annulé unilatéralement le partenariat qui lié les 2 universités, avec une simple lettre.

Si tu veux, j’avais été accepté. J’étais, j’étais en troisième année, j’avais eu, j’étais acceptée, j’avais aussi était pris, parmi, je crois, une vingtaine trentaine de candidatures en Mai, donc en Mai j’étais censé, jusqu’à là, j’étais censé partir aux États Unis pour Janvier Février pour six mois.

Donc voilà, je commence un peu à faire, à m’organiser, là je me dis en septembre, je commence à faire mes démarches, parce que l’année reprenait en septembre, je devais faire le premier semestre a Paris et puis le deuxième semestre j’étais censé partir.

Donc la lettre était arrivée, elle était arrivée en fait sur le bureau de la responsable des études à l’étranger en juillet, et j’ai été prévenu le 10 septembre au moment où je suis allé la voir pour arranger, parce que voilà pour confirmer que c’était toujours bon et m’organiser pour les visas.

Donc en fait, c’était truc que si, je n’avais pas été au bureau, j’aurais commencé des démarches un peu… sans savoir que finalement, je partais plus.

Donc a ce moment-là, la réaction normale, la fait de ne pas y aller ça te fou un coup .Voilà, ça m’as mis un coup. Au final. j’avais deux choix, j’avais des alternatives. Soit je choisissez de continuer sur un parcours classique dans ce cas-là, je restais  à Paris.

Donc là, j’aurais peut-être, vécu avec ce…. Que je dirais quand…. Comme j’étais dans cette optique de partir, je dirais mentalement, dans cette énergie là et ce sentiment-là, genre peut-être, eu des regrets, soit je fais mon choix et me dire je pars quand même choisi, la destination qui me plaît, que je ne connais pas trop. Et voilà, je fais mes propres expériences, mes propres découvertes, il se trouve que voilà, j’ai fait le deuxième choix, le choix de partir un mois et moi je suis parti à Vienne, en Autriche.

Donc comme ça dit Vienne en Autriche, je ne sais pas si elle te parle toi enfin je suis déjà allé là-bas ou si t’as si tu as si tu as l’occasion de voyager là-bas, moi je ne connaissais pas du tout, je connaissais  pas du tout, je ne connaissais pas l’Autriche, j’avais fait, j’avais juste fait Allemand LV2 jusqu’au lycée et ce à ce moment-là, qu’on m’avait parlé de l’Autriche et sinon je ne connaissais mais vraiment rien et du coup, je dis… je vais partir Là-bas, ça peut quand tu voyais les têtes dans mon entourage… tu devais aller aux Etats Unis aussi, maintenant tu vas à Vienne…c’est un peu dans la déception, quoi. Mais c’est de l’expérience, je vais y aller, il y a une bonne fac là-bas je vais pouvoir pratiquer, je vais pouvoir pratiquer mon anglais et j’étais censé pratiquer l’allemand, je n’ai pas trop pratiqué parce que c’est surtout l’anglais, et j’avais l’opportunité là-bas aussi de préparer en fait une certification en anglais en droit international.. Enfin, c’était un certificat, donc de Cambridge, en Legal English, donc c’était en gros un certificat qui a attesté que tu étais capable de dossier en anglais juridique.

Parce que entre l’anglais et l’anglais juridique, c’est encore un effort supplémentaire, c’est toute une langue et tout un vocabulaire qu’il faut apprendre si tu l’as jamais vu parce que tu te retrouves devant dans les cabinets pour pouvoir être réactif là-dessus je dirais.

Donc Vienne et franchement, c’était une expérience exceptionnelle. J’ai vécu six mois, j’ai beaucoup appris. C’est une expérience dans une vie, en fait, quand tu pars, quand tu pars en Erasmus, alors ça dépend ce que voilà, t’as l’Erasmus espagnole, Voilà, je fais la fête tous les jours et ouais, je descends des litres et des litres d’alcool, et puis je reviens, si ce n’est avec la gueule de bois, sans rien dans la tête, et puis t’as les Erasmus où, t’as un peu plus de cours ou des examens qui sont des examens, voilà faut réviser pour les avoir. Ce n’est pas tu vas voir le prof et t’as 20 / 20

Ah c’est sûrement ça a été…Voilà, c’est fait. J’ai beaucoup pris sur moi-même, mais voilà le fait, c’était la première fois que je quittais, je dirais le cocon familial, que je quittais, que je quittais Pantin et les amis pour a l’inconnu, vivre seul, rencontrer des gens, s’adapter à une culture que tu ne connais pas, communiquer en langue étrangère tous les jours, et voilà, apprendre un droit différent de celui que tu as étudié pendant trois ans et demi.

Ouais donc ça a été, c’était vraiment, vraiment une très bonne expérience, j’en garde vraiment des très bon souvenir.

Voilà les gens que j’ai rencontrés là-bas de toutes nationalités avec qui on est encore en contact aujourd’hui. Donc c’est ça qui est beau, c’était exceptionnel.

Donc ça, c’était une année du voilà du M1, et ensuite j’ai tenté, j’ai tenté de passer les concours d’avocat un an après, que je n’ai malheureusement pas eu.

Et puis en fait, tu traverses un peu cette période qui est vraiment un peu en tout en question. Est-ce qu’est-ce que je suis toujours dans mes projets ? est-ce j’ai fait le bon choix, est ce que voilà. Est-ce que je suis toujours dans la bonne direction… À ce moment-là, je me souviens j’avais encore dans la tête dans mon expérience et de vie, et vécu à Vienne.

Parce qu’en fait, à partir de là, c’est vraiment quand tu reviens, t’es vraiment plus la même personne. T’as envie de découvrir le monde, d’aller partout, rencontré plein de gens et je trouve que, à partir de là, j’ai vraiment voyagé, je suis allé voir, je suis allé voir les amis et c’est à ce moment-là, j’ai voyagé énormément, à l’époque, j’étais partout en Europe.

Et en fait, à ce moment-là, lorsque je préparais le barreau, je travaillais en même temps chez Décathlon, donc, c’était de l’argent que je gagner pour pouvoir partir.

Moi, j’avais qu’une seule chose en tête, c’était souvent de partir, voir mes potes et tu sors un peu de… et quand tu te retrouves un peu sur un mur, tu dis bon et ce que j’ai toujours. Enfin, ils en sont où avec mes objectifs.

J’ai pris vraiment une année pour moi. J’ai vraiment rien fait. Je me suis écarté de la fac, j’ai continué à voyager.

Je suis partie six semaines aux États-Unis. Sac-à-dos, valise et tout seul. Et puis voilà pour me dire ce que j’ai vraiment envie de toujours faire ça.

 J’ai trouvé que j’ai toujours envie. Donc en revenant, je suis parti en école privée, c’est un master 2 en droit dans une école privée à Paris.

Pourquoi l’école privée ? Parce qu’en fait, la différence c’est qu’avec la fac, c’est que l’école été fondée, parce que comme elle a été fondée par des professionnels, des avocats, des juristes, ils étaient vraiment confronté aux métiers, à la réalité de la pratique de gérer des affaires.

Peux-tu nous dire c’est laquelle ? pour nos auditeurs ?

Alors l’école des hauts études appliqués du droit HEAD,

exactement.

Je connais un des fondateurs.

Tu connais un des fondateurs ? On en parlera après l’interview. Ça intéresse pas forcément…

Donc voilà, je suis allé faire, je suis allé faire mon master 2 là-bas et en fait, ça m’a…J’ai eu je dirais avec les enseignements qu’on a eu la bas. Ça m’a confirmé plusieurs choses, le fait que je voulais toujours faire du droit, que je voulais toujours travailler là-dedans et que j’avais toujours un peu  cette appétence que pour l’étranger.

Et il se trouve que l’opportunité Luxembourg, elle s’est faite plus ou moins par hasard. Je suis avec ma compagne, avec ma compagne, on avait l’ambition de découvrir, voilà, découvrir quelque chose de différent.

Elle, voilà  elle maintenant Avocate au Luxembourg.

Et voilà, Luxembourg c’était quelque chose qui m’avait attiré avant, parce que j’avais déjà été en contact avec des cabines et à la sortie de mon master 1, donc à mon retour, j’étais déjà venu, voilà sondé un peu les cabinets.

Mais ce qu’il m’a dit globalement, ce qu’il manquait un peu, une spécialisation en droit des affaires, c’est comme je te disais précédemment avant, avant d’avoir vraiment compléter tes cinq en droit, tu manques encore de crédibilité auprès des cabinets.

Donc là, une fois ce master 2 complété, j’avais… et en plus j’ai eu l’opportunité de faire un autre stage, que j’avais eu grâce à l’école aussi, dans l’école on avait un système de tuteur et qui nous suivent un peu sur nos projets…pour le projet en plus on pouvait en discuter, voilà et avoir de retour d’expérience sur des choix d’orientation.

Moi je dirais mon tuteur en l’occurrence, il était associé d’un des cabinets que je visais pour mon stage. Donc en fait, ça s’est fait. Alors on sent mal ce qu’ils ont fait un peu de temps, mais c’est vraiment, j’étais très contente d’avoir cette expérience là-bas et j’étais enfin crédible sur… j’avais un peu plus de crédibilité sur le milieu pour ensuite accrocher mon premier CDI que j’ai ici au Luxembourg.

Génial, et bravo pour ce parcours. Est-ce que tu peux parler un petit peu de ton milieu social d’origine, ce que faisait ou font tes parents par exemple ?

Alors mes parents, ils sont d’origine congolaise, sont arrivés du Congo dans les années 80. Le père est maintenant chauffeur de taxi et ma mère est aide-soignante en maison de retraite, donc comme tu peux l’entendre rien avoir avec le droit, vraiment complètement éloigné… je dirais que c’est…voilà tu grandis dans ce milieu en fait, moi ce que ce que j’ai  aimé là-dedans, c’est vraiment la diversité culturelle que t’as, et surtout le fait qu’en ayant fait donc une partie de ma scolarité à Pantin et une autre à Paris, donc Pantin maternelle et collège et lycée à Paris.

En fait j’ai eu un peu si tu veux, un aperçu des deux mondes donc vraiment le monde qui est qualifié entre guillemets parce qu’on entend un peu dans les médias, les départements le plus pauvre de France ça juste en plus tu sais qu’on a entendu souvent dernière moi avec tout ce qui se passe, c’est pourquoi…

mais du coup, c’est un peu cette richesse culturelle parce que voilà,  à Pantin, j’étais dans un lycée, école, collège avec beaucoup de diversité, donc des profils différents de toutes origines. Donc ça c’est vraiment riche culturellement. Et puis ensuite, quand tu te retrouves à Paris, tu te retrouves un peu dans les dans les milieux limite mondains, C’est vraiment…mon lycée, il était dans le quartier de la Bastille, donc si tu veux, je sortais du lycée je croisé Jack Lang et Jean Dujardin, tu vois, donc c’est un autre monde si tu te retrouves un peu là-dedans, et puis qui dit okay, c’est autre chose, ça donne un peu, vraiment deux viviers et c’est vrai que ça permet de t’adapté en fait un peu à ton à ton monde, t’es autant dans le tu sais d’où tu viens, tu sais que t’as grandi dans un environnement de richesse culturelle avec toute nationalité machin. Et puis au lycée, tu te retrouves  un peu  dans ce que le commun français qualifierait, je dirais d’élite, quoi.

T’es dans ce monde-là et voilà on te met… la  chance que j’ai eu, c’est d’avoir été vraiment très bien accompagné. Ça a pas été facile, mais du coup, tu te retrouves là-dedans parce que voilà, c’est ça, t’as des… même si t’avais des bons résultats dans ton collège faut encore faut encore que tu trouves une fois dans ce dans, dans ce milieu-là quoi…Parce que voilà, le niveau monte en termes des défis, en termes d’exigences scolaire et universitaire. C’est vrai que si tu veux ce lycée, là, c’est un lycée qui a régulièrement entre 99 et 100 % de réussite au bac chaque année.

Donc en fait, quand tu arrives dans ce lycée là, ce qu’on retenait dans la tête, c’est pas d’avoir ton bac, c’est en gros ?? qu’est-ce que tu vas faire tes études supérieures? Et en fait on te il est en fait on était mis dans les dispositions, non pas pour réussir ton bac, mais pour réussir  les études supérieures, ce qui est complètement différent en terme de mentalité, parce que je sais que dans certains lycées, pas tous, mais certains lycées dans le 93. Quand t’as ton bac, ils sont contents parce que voilà, c’est, c’est un accomplissement, c’est vrai en soi, parce que voilà, c’est le bac, voilà c’est quelque chose il faut il faut travailler pour l’avoir.

J’ai été prof particulier. Je sais que c n’est pas donné à tout le monde d’avoir ce bac. genre j’en ai eu, j’ai eu des élèves, la plupart l’ont réussi, heureusement. Sinon, c’est que tu as l’impression de servir un peu à rien. Mais je sais que voilà, t’en a 1 ou 2 qui l’ont ratés. Et puis c’est un peu plus problématique.

Globalement le bac. Voilà ce qui constitue une étape. Et puis t’as la mentalité, ça, c’était à plat.

Donc quand t’as ton bac, c’est super. Et puis après, si tu l’as au-dessus, c’est bien, et si t’as la mentalité, Avoir ton bac, ça doit être une formalité. On te le met dans la tête, tu dois avoir ton bac parce que c’est une formalité, mais que le vrai, le vrai défi, il sera dans le supérieur et ça, c’était complètement, ça aussi était très dur, parce que voilà, on est vraiment dans cette partie-là.

Mais ça m’a beaucoup servi parce que finalement, à la fac, voilà, j’ai réussi, ça m’a permis de rouler. Voilà et avoir des résultats, des résultats satisfaisants, et d’aller jusqu’au diplôme parce que si tu veux en fait ce serait un peu quand t’arrives dans un lycée dans l’antichambre des études supérieures, on te met à l’espirit que le but ce n’est pas le bac, c’est le master II.

Ce qu’on nous inculqués vraiment dans l’esprit, et que j’ai trouvé intéressants.

Super intéressant. En fait cette différence entre les lycées entre guillemets parisiens, et des lycées un petit peu de de banlieue qui sont sûrement aussi les lycées provinciaux pareil mais même si…

Après ouais après la différence, c’est que t’as des lycées aussi du 93 sur pour t’en citer je sais qu’il y en avait un je sais plus comment il s’appelle un lycée à Villemeuble, des amis qui sont allés là-bas et pareil et ils étaient plutôt dans cette mentalité-là.

Donc il y a quelques exceptions de ce que je sais là-bas. Mais c’est vrai que globalement on est pas dans cette mentalité-là, te dire voilà, en gros si t’es au lycée, c’est pas juste pour avoir ton bac, c’est pour réussir tes études et avoir un métier au bout quoi, c’est vraiment ce qu’on nous mettait dedans dans la tête.

Parce que voilà le bac, surtout quand t’as un bac général, un bac général, t’es obligé de continuer dans le supérieur, un bac technologique, à la limite tu peux t’arrêter et faire et je dirais 2-3 ans d’études derrière, mais en général, t’es obligé de continuer.

C’est claire, on peut dire je pense que tu as pris l’ascenseur sociale aujourd’hui. Est ce qu’il y a des personnes dans ton entourage qui t’ont aidé à prendre l’ascenseur social ? Peut-être des profs, parents, amis, des personnes que tu admirais ?

En fait, si tu veux, c’est plus une somme un peu de rencontres et voilà qui sont additionné un peu, à ton environnement et ta manière d’être.

Voilà déjà dès le départ mes parents qui m’ont vraiment poussé pour l’école, qui m’as mis dans les dispositions nécessaires, quitte à faire des sacrifices parfois pour que j’aille le plus loin possible. Donc ça, les parents ont été le premier moteur dans les études et après ça a été vraiment des rencontres, des proches. Voilà des proches qui m’ont soutenu dans les moments difficiles et je pense que c’est ça aussi qui fait qui fait un peu la différence.

Quand tu évolue en fait, c’est vraiment…en gros, quand t’es dans un environnement que tu sais d’évoluer, c’est vraiment sur ces 2-3 personnes qui vont permettre de passer le palier supérieur.

Et puis aussi, moi, j’ai pratiqué pendant longtemps le judo, je reprends cette année, et le judo, c’est un peu, c’est un peu aussi en mode…Tu te sens un peu dans une famille parce que en général, les profs, les profs que tu as à 5 ans, à 20 ans, tu l’as toujours après, c’est toujours, les mêmes personnes qui sont à la tête du club et globalement ont un peu un suivi. En fait, si tu veux, c’est le judo, on avait des profs qui était vraiment…qui avait vraiment à cœur qu’on réussit à la fois dans le domaine scolaire, dans le domaine sportif, parce que en fait ils étaient convaincus que voilà, c’était  ça qui allait permettre de démarrer notre vie adulte dans la meilleure des manières, voilà, elle est pas elle est pas s’enliser dans, dans un environnement qui est un peu difficile, comme ce qu’on peut connaître parfois dans l’entourage, dans le 93 quoi

Cet apprentissage par le sport est aussi très important.

Quelles ont été les défis auxquels tu as dû faire face du fait de ton milieu social d’origine ? Et comment les As-tu surmonter? Je pense par exemple à ton arrivée au lycée à Paris, où même à la fac ?

L’arrivée au lycée, c’était l’adaptation à un environnement, un changement d’environnement qui a été un bon défi parce que la plupart de mes amis, on avait, j’avais tous les amis que j’avais au collège et on est allé dans des lycées un peu différent, j’en ai gardé 2 ou 3 qui m’ont suivi dans le même lycée, mais globalement sont partis autre part. Donc vraiment l’adaptation et puis c’est quand tu… en fait, quand tu sautes classe t’as toujours cette étiquette, un peu de petit génie, celui qui réussit, qui a les bonnes notes et je pense que le défi, pendant longtemps, jusqu’à la fac, ça  était, en fait de me sortir de cette image du un peu…Voilà, le petit garçon un peu, je ne sais pas comment je dirais en français tu vois, celui qu’on doit un peu te protéger, qui est un peu un peu, un peu frêle, qui manque un peu de caractère.

Donc en fait c’est…Voilà, c’est faire preuve de force, de caractère pour pouvoir avancer, il fallait se départir un peu de ces types, de cette image-là.

Ça été un défi pendant longtemps le plus petit à petit l’un des plus plus jeune de ma classe, ou même le plus jeune, et voilà, c’était vraiment s’affirmer parmi des gens qui étaient plus âgés que moi.

Donc-moi si tu veux je suis né dans le 94 et la plupart des gens facilement ils avaient 2 ans de plus que moi, donc à ce niveau là, si tu veux, tu te retrouves, moi, je me souviens, surtout… parce que le fait au lycée, c’était vraiment flagrant.

Je me suis retrouvé en seconde, j’avais 13 ans et demi, à cet âge-là en général tu t’es dans tes première bêtises, tes premières amourettes, bisous bisous au collège. Moi 13 ans et demi je me retrouve au lycée, on me demande, voilà de hausser le niveau, des te mettre dans l’optique des études supérieures à treize ans et demi, quatorze ans, je sais pas si c’est si c’est à n’importe qui qu’on peut demander ce genre de choses que voilà, même à 17-18 ans tu n’es pas matures Ça fait pas scandale de ne pas savoir ce que tu veux faire dans la vie à 18-20 ans, ça, c’est pas un scandale parce qu’il est au final, c’est vraiment des chemins et des rencontres que là je suis pas vraiment eu le pouvoir de changer.

C’est pas tous les adolescents qui ont la chance de savoir ce qu’ils veulent faire dans la vie. Surtout un stage là où tu es un peu dans une enfin qui dans une vague, tu vas suivre un peu ce qui se fait et puis voilà, te forger ton propre chemin de tes rencontres et ton parcours.

Donc voilà 13 ans et demi, tu te retrouves au lycée. Voilà, tu dois te décider sur ce que tu veux faire plus tard, tu dois décider sur ta filière dans laquelle tu vas aller et tu dois te mettre dans les dispositions pour réussir. Donc ça, c’était voilà…je pense que c’était vraiment le plus grand challenge dans mes études, c’était vraiment un changement de monde, changement de paradigme et tout ça à un jeune âge, il faut, il faut assumer a ce moment-là, c’est  plus difficile mais en même temps le plus gratifiant.

Moi, je me rappellerai toujours  le moment que j’ai annoncé à mes parents que je suis passé en première, alors que tous mes profs, mon prof principale avait toujours annoncé à mon père que j’allais redoubler.

D’un côté c’était un soulagement, une fierté., je me suis dit voilà, j’ai non seulement j’arrive à avancer, mais en plus je déjoue les pronostics.

C’est un peu c’est un peu le petit Poucet qui arrive qu’on n’attendait pas trop quoi, Tu vois, c’est le meilleur des sentiments, finalement, c’est vraiment combattre les idées reçues et puis combattre des croyances militantes.

Dire que tu peux le faire, et ce n’est pas parce que ton prof principal qui rabâche pendant 8-9 mois que tu vas redoubler, que vas effectivement redoubler, non, c’est à toi de faire le nécessaire pour faire ce que t’as envie de faire.

Et si toi t’as envie de passer, tu passeras et c’est ce qui s’est passé.

Il faut faire les efforts nécessaires quand même pour arriver à passer. Parce que…

voilà, c’est des efforts, c’est la force, se mettre dans des habitudes de travail et ne pas avoir surtout ne pas avoir de croyance militante parce que voilà, tout passe, par tout passe par le travail, le talent tu peux l’avoir.

Il a fallu travailler derrière, c’est ça, voilà, il y a que ça qui , c’est  le travail et surtout la constance.

Tu peux travailler très bien travail un jour et te reposer les 6 suivants, mais est-ce que tu auras résultat? Pas sûr,

c’est vraiment la constance, la régularité, je pense que c’est plus important.

Génial, justement, là, tu commences un petit peu à donner des conseils. Mais quels conseils donnerais tu aujourd’hui à un jeune issu de milieu populaire qui a envie de réussir ?

Comme je disais pas de croyances limitantes, regarder le ciel en espérant toucher les étoiles, je pense que c’est le meilleur conseil en fait. Ne pas se dire que parce que parce que tu viens d’un milieu  social, un peu, pas défavorisé mais moins usé que ce que tu peux voir à la télé, c’est à dire que tu ne peux pas le faire.

Si t’as envie de voilà, c’est vraiment y croire, mais pas te dire que tu peux pas atteindre tel paliers, que tu ne peux pas intégré telle école, que tu peux pas faire tel travail parce que tu aurais pas les capacités, ça, voilà, ça, ça doit pas être les limitations, il faut pouvoir se donner les moyens et voilà y croire tout simplement. Moi j’ai mon meilleur, on a grandi ensemble, elle aussi elle habite à Pantin, aujourd’hui, elle est ingénieure, donc voilà, il y a pas y a pas de limitations à avoir, pas de complexe à avoir surtout, je dirais c’est vraiment pas de complexe, pas de complexe parce qu’on a tous quelqu’un qui bosse qui y a la niaque surtout qui a envie de réussir, il peut le faire, ce n’est pas réserver à une élite ou a une minorités.

Génial! Merci beaucoup pour ces conseils et pour cet témoignage très inspirant.

Je t’en prie !

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